1° Février 1814 ,les furieux combats de Morvilliers
Pendant que la division Rechberg enlevait la ferme de Beauvoir,
Hardegg s'était avancé sur Morvilliers que la prise de Beauvoir
rendait d'autant plus intenable pour les Français que la
dernière division du Vem corps, la division Spleny, venait de se
déployer en vue de ce village, sur la lisière même du bois et sur
la rive gauche de la Bourbonne. Les troupes françaises de Morvilliers n'opposèrent
qu'une assez faible résistance et se retirèrent
sur le bois d'Ajou, couvertes par la cavalerie de Doumerc, dont
les charges ne purent que ralentir, sans parvenir à les arrèter,
les progrès de l'infanterie autrichienne.
Il était alors un peu moinsde 4 heures, lorsqu'un aide de camp
du prince royal de Wurtemberg vint demander à Wrède d'accentuer
son mouvement en avant et de tenter une diversion, ou tout
au moins une démonstration, assez sérieuse pour dégager le
IVEm corps fortement engagé et vigoureusement pressé par l'ennemi
du côté de La Giberie.
Wrède prit aussitôt ses mesures pour faire exécuter à son corps
une attaque générale contre Chaumesnil. Le général Frimont,
avec une partie des divisions Hardegg et Ia Motte, reçut l'ordre
de se porter contre Chaumesnil, en remontant le cours du ru de
Froideau pour menacer la face nord du village, pendant que
la division Rechberg, après avoir enlevé Bouillenrupt, se chargerait
de l'attaque de front.